• Les phobies, la boulimie, etc...

    antidote des phobies? Une thérapie brève.



    Peut-on se débarrasser des phobies ?
    Peur de l’avion, peur de l’eau, peur des ascenseurs, claustrophobie, pour ne
    citer que les plus invalidantes, particulièrem ent pour les habitants d’une île.

    Le mot « phobie » vient du grec phobos : il signifie peur, effroi.
    Phobos était une divinité que les grecs priaient avant les batailles.
    Les personnes atteintes
    d’une phobie d’objet livrent une vraie bataille intérieure, souvent dans la honte, la culpabilité et le secret.
    Elles se privent des joies les plus simples, les déplacements, les voyages, elles culpabilisent de gêner leur entourage par leur souci d’évitement et leurs réactions de peur incontrôlable.

    Distinguons bien la structure phobique qui demande une psychothérapie et une analyse complémentaires de la phobie d’objet que nous pouvons traiter en quelques séances avec des méthodes basées sur l’utilisation de l’état hypnotique.

    Les thérapies cognitives et comportementales développent chez le sujet la connaissance de son comportement inadapté ; elles mettent à jour les conditionnements subis et font prendre conscience des opinions et croyances fausses qui enrayent la possibilité de changer.

    Une restructuration cognitive va permettre d’atteindre l’objectif : prendre l’avion sereinement, nager avec plaisir, prendre l’ascenseur sans y penser, par une stratégie fixée dans les séances entre le thérapeute et son patient. Elles sont efficaces pour un certain nombre de sujets mais elles n’utilisent pas cette fonction naturelle de la suggestion hypnotique.

    Les thérapies utilisant l’état hypnotique, c’est à dire un état de conscience modifiée qui n’est pas le sommeil mais une focalisation de la conscience sur le monde intérieur du sujet permet plus facilement

    l’accès aux sensations physiques, aux émotions, aux souvenirs, à l’imaginaire. La dominance de l’hémisphère droit et du cerveau émotionnel coupe la rationalisation, le mental et la logique du sujet qui jusqu’ici n’ont pas aidé le patient à se débarrasser de ses phobies.

    Savoir que sa phobie est irrationnelle qui peut paraître une faiblesse aux yeux d’autrui n’a pas suffi à arrêter le comportement phobique.
    Il est donc nécessaire si cette étape n’a pas été efficace de recourir à d’autres thérapies qui cette fois vont couper l’activité corticale pour laisser place à l’activité du cerveau limbique.

    Hélène a fait consciencieusement ses séances chez elle avec la cassette. « J'ai fait un rêve banal où je nage très bien, où je pratique le crawl sans problème. C'est tout ce dont je me rappelle.
    Par contre, j'ai compris que je suis à l’origine de ce problème. »

    Elle n'a plus besoin de cette cassette. Le conditionnement est ancré. Je lui propose donc un autre type d'exercice : revivre une scène du passé ayant trait à la baignade, à l'eau, toujours avec la technique d'accompagnement, l'index répondant. Je lui précise qu'elle est parfaitement libre à tout moment d'interrompre la séance. Elle revient sur un souvenir…

    « Dans l'enfance, je n'ai qu'un seul souvenir lié à l'eau, la mer. J'avais trois ans environ, j'étais toute petite sur les genoux de mon père.
    On jouait, je sautais sur ses genoux. J'ai maintenant une image.

    Le déroulement d’une thérapie

    Après une anamnèse classique ( historique du symptôme, bilan de santé générale, indications du comportement général, de l’environnement psycho-social et affectif ), nous abordons la phobie.

    « J'ai peur de l'eau, peur de nager. Mon ami vient d'acheter un bateau et je me sens mal quand nous sortons en mer. Je viens pour me débarrasser de cette phobie qui est devenue pour moi un handicap.

    A douze ans, j'ai eu peur de l'eau, j'ai failli me noyer dans une piscine. Je ne sais plus ce qui s'est passé réellement, j'ai failli couler.

    Depuis, je continue à avoir peur, même si je suis sur la plage et que j'ai pied. Dès que je sens que je n'aurai pas pied, je panique. Le pire, c'est que j'anticipe ma peur. Je sais que je vais avoir peur. Je ne me contrôle plus, je vais avoir la sensation d'être happée, aspirée par le fond. »

    Première séance avec Hélène :

    Je demande à Hélène de choisir un moment très agréable dont elle se souvient. C’est un coin de Provence avec des oliviers et le chant des cigales et la douceur tiède du soleil et le parfum de la lavande. Elle vit ce paysage avec toutes les sensations déjà ressenties, dans une conscience modifiée, au bord de l’endormissement. Cette scène servira d'ancrage à un sentiment de confiance en soi et de calme. Je lui demande alors de fermer le poing pour ancrer ce souvenir très intéressant, car il utilise les sensations kinésthésiques et coenésthésiques agréables déjà vécues dont j'ai besoin pour traiter la phobie de l'eau.

    Je suggère ensuite une focalisation sur une image vécue qu'elle choisit : « Je me vois au bord du bateau, là où j'ai l'habitude de me placer. » Je propose le calme, l'écoute de sa respiration calme et régulière. « Calme » est le mot associé à l'expiration.
    Premier stade : s'habituer, en focalisation positive, rester tranquille au bord du bateau.

    Soleil. Belle eau verte, claire, transparente, les coraux. Sensation de bien-être, beauté de la nature et toute autre sensation. Ressentir la sécurité. Hélène a levé un index, signe de communication entre nous ; et ma voix continue de l’accompagner.

    « Puis vous laissez venir votre image très positive avec association du poing fermé. La colline de Provence envahit votre écran personnel. Vous respirez profondément dans ce paysage que vous connaissez et qui est vivifiant. le chant des cigales parvient à vos oreilles, les odeurs de lavande vous parviennent. » (L'index se lève.) Hélène vit profondément ses sensations.

    Nous pratiquons ensuite une reprise de la vigilance avec quelques respirations courtes, acceptation mentale de la reprise, les membres se détendent, étirement dans un flot d'énergie positive. Les yeux s'ouvrent.  Hélène sourit ; elle est heureuse.
    Elle a fait un petit tour dans l'eau sans aucune appréhension.
    Elle pense qu'elle peut recommencer en allant de plus en plus loin. Je lui donne la cassette de cet exercice que je viens d'enregistrer pour qu’elle l’écoute toute la semaine en essayant d'augmenter mentalement les distances et de bien respirer si
    possible avec le ventre.

    Deuxième séance avec Hélène :

    Hélène a fait consciencieusement ses séances chez elle avec la cassette.
    « J'ai fait un rêve banal où je nage très bien, où je pratique le crawl sans problème.
    C'est tout ce dont je me rappelle. Par contre, j'ai compris que je suis à l’origine de ce problème. » Elle n'a plus besoin de cette cassette. Le conditionnement est ancré.
    Je lui propose donc un autre type d'exercice : revivre une scène du passé ayant trait à la baignade, à l'eau, toujours avec la technique d'accompagnement, l'index répondant. Je lui précise qu'elle est parfaitement libre à tout moment d'interrompre la séance. Elle revient sur un souvenir…

    « Dans l'enfance, je n'ai qu'un seul souvenir lié à l'eau, la mer.

    J'avais trois ans environ, j'étais toute petite sur les genoux de mon père. On jouait, je sautais sur ses genoux. J'ai maintenant une image très nette. Je suis encore avec mon père, cette fois, je reprends l'image de la plage, j'entends les bruits d'enfants, ma mère appelle mon père, ça l'agace. Je suis contrariée. Je n'ai pas envie d'aller me baigner. »

    Dans le dialogue qui a suivi, les relations entre le père et la mère ont été évoquées. Dans la relaxation, Hélène a ressenti parfaitement le poids de son corps, de ses bras : « C'était bizarre, j'ai vécu le poids du bras comme un boulet de prisonnier. » Hélène a évoqué alors les difficultés qu'elle a rencontrées pour sortir du cocon familial et échapper à la sévérité de sa mère. Ceci montre combien la thérapie

    doit être maîtrisée par le thérapeute pour ne pas s’engager dans une analyse qui n’a pas lieu d’être ici. Nous reprenons une scène de natation qui se passe dans le plaisir du corps et le calme de l’esprit. Hélène termine sa séance, détendue et sereine. Un mois plus tard, Hélène m'a téléphoné : elle avait passé un excellent week-end. Elle avait nagé comme dans son rêve.

    La phobie de l’avion, de l’ascenseur et autres

    Nous traitons la phobie de l’avion ou de l’ascenseur de la même manière que celle de l’eau. Nous utilisons toujours l’expérience et les mots du sujet, son vécu de situations positives.

    La suggestion hypnotique et le geste conditionné avec superposition de scènes vécues sont les ingrédients du traitement. Tout ceci nécessite sans exception une relation de confiance entre le sujet et le thérapeute.

    Les phrases exprimant la phobie de l’avion en début de thérapie

    « Plusieurs jours avant le voyage, je dors mal, je vis dans l’obsession du départ. »
    « Tout tourne autour de ce déplacement, le compte à rebours se met en place. »
    « Je ne veux plus dire à mon entourage que j’ai peur, je suis nerveuse, je me renferme.»
    « Je vais faire comme si j’étais bien. Je mens à mon mari, à mes enfants. Je prends sur moi. »

    Les pics de la peur

    « L’avion roule, j’ai une boule au ventre, gorge serrée, je ne respire plus ; le fait de savoir qu’on prend de l’altitude, j’ai l’impression que je vais tomber. »

    « Je me pose des questions dans l’avion, je sens des odeurs étranges, je regarde les autres et si quelqu’un scrute quelque chose par le hublot, je m’imagine qu’il a vu quelque chose d’anormal. »

    « Quand l’avion se stabilise, il ralentit, j’ai l’impression qu’on va piquer une tête, on n’est pas des oiseaux, je n’ai pas confiance dans la technologie. »

    Les antidotes de la phobie

    Toutes les suggestions se font sur la respiration calme et l’évocation des activités agréables qui servent d’ancrage pour la confiance en soi et la détente. Utilisation des mots forts comme la sécurité, la confiance, le calme, la sérénité, mais également occuper son cerveau dans le vécu imaginé des jours suivant l’atterrissage, anticiper sur les rencontres, les spectacles, le shopping, les restaurants, les musées, les escapades, quel que soit le type de voyage.

    La voix enregistrée sur CD permet de se rassurer. En général, le sujet n’a plus besoin de l’écouter en avion : il est devenu autonome pour tous ses voyages.

    Le laboratoire d’Orsay de neuro-imagerie (soutenu par le Dr Jean-Pierre Changeux) prouve qu’il existe un réseau spécifique de la conscience et qu’on ne peut être conscient que d’une chose à la fois.

    En stimulant l’attention sur un souvenir heureux, le sujet n’a plus conscience de l’objet ou de la situation phobiques qui disparaissent dans les « limbes » de sa conscience. En fait, la pensée change d’aiguillage.

    Les techniques comportementale, cognitive et hypnotique sont utilisées pour toutes les phobies, celle de l’eau, de l’avion, de l’ascenseur et les autres…

    La réussite de la thérapie vient du travail en conscience modifiée élaboré dans un dialogue et une anamnèse sérieuse. La collaboration empathique du sujet et du thérapeute expérimenté est indispensable.  La durée d’un traitement est brève (1 à 5 séances en général ).

    Le traitement de la boulimie: une thérapie pluridimensionnelle

    La boulimie vient de deux mots grecs : limos faim et bous : le boeuf, une faim de boeuf ou boulimion, faim de taureau. Le mot évoque une image mythique rapporté par Ovide (43-17 après J.C). Le héros Erysichton (c’est celui qui fend la terre, le laboureur), prince de Thessalie, fit couper des arbres sacrés appartenant à Déméter, déesse de la terre, pour bâtir son palais. Il fut puni par la déesse qui lui infligea une faim insatiable au point qu’il finit par se manger lui-même.

    Qui est boulimique?

    La boulimie témoigne d’une grave crise identitaire. Le moi est faible, désorganisé. Les personnes sont frappées de leur facilité à se déconnecter du réel et à s’oublier complètement : « ce n’est pas moi, c’est une autre qui agit ». Elles se sentent dissociées.

    La boulimie nerveuse a été identifiée récemment en 1979 et répertoriée en 1993 dans le DSM4 (bible américaine des troubles mentaux). Les Anglo-Saxons regroupent sous le terme : « troubles de conduite alimentaire "eating disorders", l’anorexie, la boulimie sous toutes ses formes. Il existe des liens étroits entre la boulimie et l’anorexie. Globalement, ces deux troubles sont liés aux relations familiales étouffantes, hyper protectrices, avec de nombreuses interdictions particulièrement sexuelles, plus ou moins exprimées. On trouve des personnes boulimiques chez les adolescentes, les jeunes femmes et quelques hommes ; la proportion entre les hommes et les femmes est de 1 pour 10. Les abus sexuels sont souvent une des causes de la boulimie.

    Cette généralisation demande à être analysée. Les anorexiques sont plutôt des personnalités hyperactives et fières de la maîtrise de leur corps alors que les personnes atteintes de boulimie sont des angoissées qui n’ont que du dégoût pour leur corps.
    Pour ces deux types de personnalités, l’image du corps est omniprésente, obsessionnelle. Elles ont toutefois une sexualité et une sensualité pauvres.
    Pour les boulimiques, leur corps se résume à un ventre.
    Quand les identifications au père et à la mère qui sont salutaires pour l'affirmation du moi n'ont pas pu se faire, quand l’enfant a été élevé par des parents hyper protecteurs ou trop négatifs ou trop sévères, des troubles alimentaires peuvent se développer sans que les parents prennent conscience de leurs gravités.

    Le grignotage

    Nous ne parlons pas ici des personnes qui grignotent tout le temps entre les repas et ne cessent de faire des régimes. Elles peuvent se reconnaître dans certains traits ou comportements décrits, elles ont en effet des tendances boulimiques et leurs problèmes sont très proches de ceux qui sont évoqués.
    Elles peuvent avoir un suivi thérapeutique plus court avec succès. La relation
    thérapeutique, le fait de parler de ses troubles à un professionnel reconnu est sans aucun doute libérateur. Et si l’on adjoint des techniques éprouvées, l’amélioration est
    indéniable
    .
    Ajoutons que les examens et un suivi médical et dentaire sont une nécessité incontournable.

    Prise de conscience du déroulement de la crise

    Il y a des signes avant-coureurs, des lieux privilégiés, des objets déclencheurs, qui sont à portée de la main, à portée du regard, des mots stimuli, qui insensiblement enclenchent le geste captateur. Le gâteau est à portée de la main, à portée de la bouche. Alors, dans une frénésie irrépressible, les placards s’ouvrent et livrent tous les aliments le plus variés, les plus riches, les sucrés, les salés, tout ce qui tombe sous la main. le réfrigérateur se vide, tout sera englouti dans un laps de temps de deux heures environ, dans un no man's land de la conscience.. L'esprit est déconnecté du corps. En un clin d’oeil, la nourriture fait un circuit mortifère : la main-la bouche-le ventre.
    Le geste compulsif s'accélère jusqu'à la douleur terrible qui submerge, une sensation de poids énorme de l'estomac, l’irrésistible envie de vomir et puis enfin de dormir comme un lion repu.

    Peut-on traiter la boulimie?

    Oui, la boulimie peut être traitée. La boulimie n'est pas une fatalité. L’approche est délicate car c’est un trouble qui dépasse les structures psychiques puisqu’on le trouve dans les névroses, dans les psychoses, chez des personnes « borderline » et dans les perversions. Et elle peut se manifester par crises sur quelques mois puis se calmer et réapparaître dans des moments inattendus : Anne nous le dit « tout va bien aujourd’hui, je ne comprends pas mes crises ; je me suis remise de mon divorce, j’ai de bons rapports avec mon ex, mes enfants vont bien, je me sens calme et brusquement mes crises reviennent et je vais mal ».

    Les thérapies comportementales et analytiques peuvent aider la personne à se réconcilier avec elle-même. Une cure analytique est nécessaire dans beaucoup de cas.

    Souvent, une analyse entrecoupée d’exercices de retour au corps sont nécessaires et font avancer plus rapidement la patiente qui retrouve son corps dans son intégrité, dans ses sensations. Je propose des séances énergétiques de relaxation dynamique de sophrologie et des séances bioénergétiques utilisant les émotions comme la rage et la colère, émotions enkystées dans l’enfance qui surgissent alors dans une violence inouïe. L’enfant dans son mutisme a enterré ses émotions, son affectivité et la douleur réprimée ressort et libère enfin le corps et l’esprit de l’être bafoué.

    L’analyse va permettre de se connaître en profondeur, de relier ces troubles à la petite enfance et aux liens parentaux, aux sentiments infantiles qui ont perturbé le psychisme de l’enfant et ont empêché l’épanouissement de la sexualité adulte.

    Relier le « dire » de l’analyse avec le « faire » des techniques bio énergiques, le « comprendre « dans les techniques comportementales et par dessus tout, « vivre » la relation de transfert entre l’analysante et l’analyste est d’une grande efficacité. Le transfert sert de déambulatoire dans un premier temps pour celle qui est dans l’incapacité de se mouvoir seule ; l’analyse devient ensuite deux béquilles puis une, puis une canne car l’analysante commence à marcher, à savoir où elle va, à accepter le chemin vers la libération, vers l’autonomie, et puis l’analyste donne la main qui renforce la confiance et qui fait advenir l’alliance entre l’analyste et l’analysante. Enfin, l’être qui était paralysé, s’est remis à marcher librement « maintenant je vais bien, je peux marcher toute seule, je n’ai plus rien à vous dire, je vais vous quitter ».

    Françoise "au placard"

    Comme dans de nombreux cas de personnes boulimiques, Françoise était boulimique dans ses achats de toutes sortes. Elle ne pouvait plus avoir de carnets de chèques ni de cartes bancaires : c’était un gouffre. Ce qui n’arrangeait pas sa situation. Faute d’argent, elle se renfermait sur elle : « sortir, s’amuser coûte cher ». Elle avait coupé avec sa famille, restée en province, qui ne s’inquiétait pas de cette adulte sans histoire.

    Après plusieurs mois d’analyse, Françoise a pu renouer avec son unique soeur plus âgée et accepter de parler de sa maladie. Elle avait beaucoup de culture et un goût prononcé pour le dessin et la peinture. Je l’ai donc encouragée dans cette voie. Ses dessins étaient très « parlants ». Elle me ramena un jour une série de portraits de femmes, stéréotypées, avec des bandeaux sur la bouche, les yeux fermés.

    Le manque d’amour

    Avant de « faire » une technique, il est essentiel que la personne se sente écoutée car autant elle est avide de nourriture, autant elle est avide d’amour. On le sait maintenant, c’est le manque d’amour, de communication authentique, d’accueil qui a manqué à un moment ou à un autre. Car, comme le dit si bien le Professeur diététicien Albert François Creff :« manger, c'est consommer des symboles».
    Certes, les adultes vivent des moments difficiles et l’enfant qui est là, présente, à les regarder vivre, se tait souvent et peut partir en chantonnant dans sa chambre à tel point que les parents se rassurent. Leur fille va bien, elle chante, elle est bonne élève. Il n’en est rien : leur fille se tait sur sa souffrance.

    A l’adolescence et même vers 30 ans fréquemment se développe une boulimie incompréhensible. Il a suffi de relations sexuelles malheureuses pour ajouter au désarroi profond de la personne. On retrouve alors des traits névrotiques : angoisse d’abandon, crises de panique, perte d’identité, dissociation, désir de plaire à tout prix pour ne pas être seule, impossibilité de dire « non » ou de dire « je souffre ».

    Le sujet prend conscience de la possibilité de retrouver un équilibre alimentaire, il apprend à se réassurer, à se responsabiliser, à développer toutes ses capacités connues ou ignorées jusque-là.

    Les bénéfices de la thérapie

    Le travail thérapeutique consistera donc à élucider les conflits avec la mère et le père, basés sur des sentiments ambivalents, à redonner la confiance et la reconnaissance qui ont manqué, la relation au corps, au désir, au besoin et au manque. Le but de la thérapie est de donner au symptôme son sens. Le symptôme est ce que la personne a de plus réel, et auquel elle tient paradoxalement. Il disparaît peu à peu. La thérapie pluridimensionnelle permet de travailler sur tous les plans de la vie psychique, le conscient et l’inconscient, de relier le travail du corps et de l’inconscient, de libérer l’angoisse, de redonner l’estime de soi.

    La personne redevient autonome, retrouve la parole et l’agir, elle est enfin au monde, elle vit de plus en plus unifiée, elle peut accepter le risque de nouer des relations affectives et pleines avec les autres, et d’être heureuse.

    Il est des lieux où s’installe la parole et se développe un échange empathique basé sur la confiance d’où peut surgir une source de vie que l’on croyait tarie. Les techniques thérapeutiques sont multiples mais sans une bonne relation transférentielle elles ont une efficacité toute relative.

    Je me souviens de Françoise. C’était une jeune femme mince, grande, au teint pâle, aux yeux vides. Elle était fonctionnaire et se morfondait dans un bureau administratif, où elle se sentait « au placard ». Elle voyait peu de collègues dans sa journée et refusait les contacts à la cafétéria. Son travail consistait à comptabiliser les fournitures dépensées dans ce grand service administratif parisien. Elle est venue pour vaincre sa boulimie et ses angoisses.
    Elle réussissait à tromper son monde en gardant une forme svelte au prix de vomissements journaliers. Elle se faisait vomir trois, quatre fois par jour.
    Les crises le soir étaient un calvaire. Elle engouffrait jusqu’à 4 kg de nourriture qu’elle régurgitait aussitôt. Elle vivait seule. Personne dans son entourage et personne parmi ses collègues ne se doutait de l’enfer dans laquelle Françoise était plongée. On savait bien qu’elle déprimait. Le lendemain de ses crises, elle était absente. Elle avançait des motifs valables et gardait son secret. Je l’ai dirigée vers un psychiatre qui a traité sa dépression et l’a vivement conseillé de poursuivre sa démarche analytique et comportementale avec moi.
    L
    E DESIR D'ENFANT

    Accompagnement psychologique d’un combat pour la vie

    La thérapie pour accompagner le désir d’enfant va du conscient à l’inconscient,

    L’état des lieux :

    Le laboratoire de recherche de la maternité Cochin du Dr. Cabrol s’est attaché dans une communication en Juillet 2002 à mettre l’accent sur l’importance du psychisme des patientes dont l’infertilité est inexpliquée. Une femme sur 8 a des problèmes de contraception. Il incite les gynécologues et les psychanalystes à travailler ensemble.

    Les facteurs psychologiques sont de plus en plus analysées, malgré une forte résistance de médecins d’arrière- garde. Heureusement des équipes nouvelles conjuguent leurs efforts dans un esprit humaniste et respectueux de la personne et de sa souffrance morale et physique. Cette communauté de recherches donne des chances supplémentaires de succès pour les infertilités féminines et masculines dont les causes sont dues aussi à des traumatismes, à des troubles de l’image inconsciente du corps, au développement d’une névrose.
     

    Les raisons de consulter sont multiples : le deuil périnatal ou la mort fœtale(MFIU) peuvent être pris en charge dans un travail psychique qui favorise la parole et la catharsis, la libération des affects.
    La femme vient de subir un traumatisme profond, et le partenaire et la famille sont également sous le choc.

    Tout le processus de deuil est à mettre en marche pour accepter psychologiquement ce traumatisme et pour permettre d'envisager une nouvelle naissance.

    L'accompagnement thérapeutique est d’une grande nécessité quand les circonstances tragiques viennent compliquer le désir d’être mère.

    de la conscience du corps aux conflits psychiques ; elle apaise la souffrance, libère l ‘angoisse, assouplit les résistances, fait advenir la parole qui éclaire.
    Elle permet enfin d’exister pleinement, de reprendre  confiance  dans le cours de la vie, de jouir de l''instant présent avec ses joies simples et naturelles.
    Je pense à cette future maman qui vient de perdre son mari dans un accident de voiture alors qu'elle attend un enfant depuis 4 mois. Elle a pu, grâce à un accompagnement thérapeutique psycho-somatique qui a duré deux mois, se centrer sur la naissance de l’enfant et accepter de donner la vie et de vivre pour le bébé .

    D’autres cas tout aussi douloureux : quand on apprend à la future maman qu’il faudra renoncer à l’enfant qu’elle porte depuis six mois car il n'est pas viable. Dans ce cas précis, préparer une nouvelle maternité est une gageure. La femme est déjà tout amour pour ce petit être en gestation. Et cette épreuve inimaginable lui paraît au-dessus de ses forces

    Comment laisser ces femmes sans aide spécialisée ?

    Enfanter dans la douleur et douleur de ne pouvoir enfanter

    Et que dire de la douleur de la femme qui n’a pu encore donner la vie ?
    Il s’agit alors d’accompagner cette femme et le couple dans leur désir d'enfant dans une procréation médicalement assistée (
    PMA).
    Pendant tout le parcours, émaillé de nombreuses épreuves et de rebondissements, d’espoir et de désespérance, le couple peut heureusement être accompagné par un thérapeute qui connaît les techniques
    psychosomatiques, qui est au fait des techniques comportementales, analytiques et bioénergétiques. Ce travail global prend en compte l’unité corps esprit et s'enrichit de la relation transférentielle.  
     

    La thérapie commence par une anamnèse très précise incluant le suivi médical, le vécu très personnel de ce désir d’enfant, les antécédents familiaux, l'histoire familiale des naissances, des décès, des traumatismes,les croyances utilisées.
    On établit un
    génogramme approfondi centré sur le vécu de cette patiente , sa place particulière dans son arbre généalogique qui se dessine sous ses yeux et lui fait prendre conscience de sa propre place , de la constitution de son couple et de la place qu’aura le futur enfant. Les fantasmes, les coutumes, les mythes, l’imaginaire tiennent une large place dans le mystère de la fécondation.

    La parole et la relation thérapeutique transférentielle éclairent la relation maternelle, les relations aux femmes de la famille et le sens de la maternité. Et s’éclaircissent alors les profondes motivations pour avoir un enfant.

    Les séances

    Les premières séances sont centrées sur la respiration abdominale, la libération de l’anxiété et de l’angoisse, les sensations du corps , lourdeur, chaleur, douleurs, dans une conscience modifiée, en légère hypnose obtenue par des techniques sophroniques ou hypnotiques. La voix du thérapeute aide la patiente à se focaliser sur le fonctionnement de la fécondation, à se réconcilier avec son corps, à développer la bienveillance à soi-même pour retrouver son énergie et son équilibre psychique et mental, bien malmené par les pressions extérieures et les conflits intérieurs.

    Dans les séances suivantes, l’imaginaire, les émotions, les images, les métaphores de la fécondité et de la joie de vivre vont déclencher un lâcher prise du rationnel , du néo-cortex pour donner la place à l’émotionnel, à la voix du cœur. La réconciliation du corps et de l’esprit se fait dans le suivi des séances.
    La gestion des émotions, ce qui n’est ni un blocage ni un blindage, permettra un plus grand confort lors des examens.
     
    Le calvaire subi dans les examens médicaux , les sensations de n’être qu’un objet de laboratoire, un cobaye déshumanisé, la honte, la culpabilité, tout se dissipe de plus en plus. Un regain d'énergie vitale est perceptible et favorise la procréation.
    Ensuite, dans les premières semaines de la fécondation, le thérapeute utilise la visualisation du fœtus aidée par les images des échographies bien connues de la patiente pour accompagner le désir de la femme et son espoir .

    Au delà de l’individu , la vie du couple quand procréer devient un combat

    L’accompagnement psychologique développe une meilleure communication dans le couple, un dialogue plus respectueux de la souffrance de chacun, une tendresse revivifiée. Comment intégrer le désir d’enfant dans le couple ?
    Est-ce un réel projet de vie pour les partenaires ?

    Faire baisser l’anxiété qui entraîne souvent l’agressivité dans le couple et dans l’entourage, le sentiment de culpabilité.
    A qui la faute ? Pourquoi vouloir un enfant ? Pour qui ?
    Est-ce mon désir ou la confrontation avec le désir de ma propre mère qui veut être grand-mère ou de mon père qui veut un héritier ?

    On dénonce la pression psychologique de la société qui veut tout contrôler et tout réussir. Le projet d’enfant fait partie du programme d’une vie réussie , le nombre d’enfants que l’on doit avoir au même titre que le confort, la voiture, la maison...
    Le « désir d’enfant à tout prix » est comme une revendication.
    Certains vont jusqu’au désir de contrôler le sexe, la couleur des yeux.
    L’enfant doit être parfait. On pointe bien sûr la tentation de l’eugénisme et du clonage.
    Au-delà des plaintes récurrentes et d' un langage schématisé on peut entendre la parole du cœur, de l’authenticité de l’être.
     

    Il appartient au psychothérapeute d’aider le couple à parler de son désir et rester vigilant quand les deux partenaires ont des discours ambigus. 
    Prenons ce cas clinique :
    un couple en concubinage désire un enfant. Ils ont une trentaine d’années.  Les difficultés de procréer surviennent.  Le calvaire commence avec  la classique prise de température sur plusieurs mois, anodine au regard d'une biopsie endométriose ou d'une hystérosalpingographie.

     

    L’intrusion dans la vie intime du couple est douloureuse et finit pour certains couples à vider la relation même de son sens. L’acte amoureux n’est plus qu’un acte mécanique livré au regard et au questionnement de l’équipe médicale;
    le thérapeute est alors l’élément humain, chaleureux, empathique pour pallier les failles d’un rouage agressif, douloureux et malheureusement inévitable.
    Il faut sauver l’amour du couple, même en cas d’échec de la procréation.

    Accompagner le désir d’enfant, mettre un enfant au monde dans l’amour et la joie d’exister, le porter vers la lumière remplit le cœur d’émerveillement.
    Toute naissance est sacrée et participe du mystère.

     

    "Le mystère est la plus belle chose que nous pouvons ressentir... 
    Celui qui ne le connaît pas, celui qui ne peut pas s'étonner ou s'émerveiller est mort.  Ses yeux se sont éteints ".

    Ainsi parlait Einstein.

    Les paroles des amis, de l’entourage et du compagnon s’il est encore là, se veulent consolantes mais sont souvent maladroites et inappropriées.
    Le clinicien, formé à l’écoute du corps et de l’esprit, développant les techniques corporelles et la suggestion positive, toujours en collaboration avec l’équipe médicale, prend en charge ces patientes qui souffrent d’un désir d’enfant non comblé et dont l’état dépressif qui s’ensuit perturbe le projet de vie.
    Que de mots barbares et que d' angoisse non exprimée! que de fatigues pour gérer ces examens dans la vie quotidienne et professionnelle !
    N’oublions pas le fameux test de Hühner.  Rédhibitoire pour l’extase amoureuse ! Vécu si difficilement par le couple car il doit programmer sa relation sexuelle en fonction du test et la femme doit se rendre au laboratoire dans les heures qui suivent.

     

     
     

    Articles par Ghylaine Manet, auteur de « Respirez la Vie avec la sophrologie « (ERES) et « Vivons l’école autrement par la sophrologie (ESF) » et d’un CD « Vivons autrement ».

    www.sophrologieanalytique.com
     
     
  • Etre heureux...

    On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s'être marié, après avoir eu un enfant, et ensuite, après en avoir eu un autre...
    Plus tard, on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l'on sera mieux quand ils le seront.
    On est alors convaincu que l'on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape. On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint, quand on possédera une plus belle voiture
    ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances,quand on sera à la retraite...  
    La vérité est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux que le  moment présent.  
    Si ce n'est pas maintenant, quand serait-ce?  
    La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer.  
    Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux
     
    maintenant  qu'il est encore temps.  
    Pendant longtemps, j'ai pensé que ma vie allait enfin commencer, ' La Vraie Vie! ' Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu'il fallait résoudre en premier, un thème non terminé,
     
    un temps à passer, une  dette à payer.  
    Et alors la vie allait commencer ! ! ! !  
    Jusqu'à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma  vie.  
    Cette perspective m'a aidé à comprendre qu'il n'y a pas un chemin qui mène  au bonheur.  
    Le bonheur est le chemin..  
    Ainsi passe chaque moment que nous avons et plus encore :  
    quand on partage ce moment avec quelqu'un de spécial, suffisamment spécial  pour partager notre temps et, que l'on se rappelle que le temps n'attend pas.  
    Alors, il faut arrêter d'attendre de terminer ses études, d'augmenter son  salaire, de se marier, d'avoir des enfants, que ses enfants partent de la  maison ou, simplement, le vendredi soir, le dimanche matin, le printemps,  l'été, l'automne ou l'hiver, pour décider qu'il n'y a pas de meilleur  moment que maintenant pour être heureux.

    Le bonheur est une trajectoire, et non une destination !

    Il n'en faut pas beaucoup pour être heureux.  
    Il suffit juste d'apprécier chaque petit moment et de le sacrer comme l'un des meilleurs moments de sa vie.