• Une histoire...

    Une question qui ne manque pas d’intérêt : est-on généralement surpris par les bonheurs ou malheurs qui nous arrivent ?

    Par surpris, j’entends pris de cours par un évènement que l’on n’avait jamais imaginé auparavant. Prenons un exemple : être surpris par un cambriolage, ce serait découvrir un jour que l’on a été cambriolé alors que l’idée même d’être cambriolé ne nous était jamais venue à l’esprit.

    Car la justesse de cette révélation est là : notre réalité commence par prendre forme dans notre esprit.

    L’imagination est finalement beaucoup plus aux sources du réel qu’on ne le suspecte intuitivement...

    La croyance est un moyen de connaissance. Le héros découvre à tous une réalité qui ne se montre que parce qu’elle est pensée par lui. L’imagination du héros fait exister ce qui estPierre Vadeboncoeur

    Le présent, nous y sommes attachés. L’avenir, nous le fabriquons dans notre imagination. Seul le passé, quand nous ne le refabriquons pas, est réalité pure. Simone Weil

    [...]un peuple n’a une vie réelle grande que s’il a une vie irréelle puissante. [...] la force d’un peuple est son imagination. Jean Giraudoux

     

     

     

      L’arbre à souhaits

    "Un voyageur très fatigué s’assit à l’ombre d’un arbre sans se douter qu’il venait de trouver un arbre magique, "l’Arbre à Réaliser des Souhaits".

    Assis sur la terre dure, il pensa qu’il serait bien agréable de se retrouver dans un lit moelleux. Aussitôt, ce lit apparut à côté de lui.

    Étonné, l’homme s’y installa en disant que le comble du bonheur serait atteint si une jeune fille venait masser ses jambes percluses. La jeune fille apparut et le massa très agréablement.

    « J’ai faim, se dit l’homme, et manger en ce moment serait à coup sûr un délice. » Une table surgit, chargée de nourritures succulentes.

    L’homme se régala. Il mangea et il but. La tête lui tournait un peu. Ses paupières, sous l’action du vin et de la fatigue, s’abaissaient. Il se laissa aller de tout son long sur le lit, en pensant encore aux merveilleux évènements de cette journée extraordinaire.

    « Je vais dormir une heure ou deux, se dit-il. Le pire serait qu’un tigre passe par ici pendant que je dors. »

    Un tigre surgit aussitôt et le dévora."

    Vous avez en vous un Arbre à souhait qui attend vos ordres.

    Mais attention, il peut aussi réaliser vos pensées négatives et vos peurs. En tout cas, il peut être parasité par elles et se bloquer. C’est le mécanisme des soucis.

    Auteur Inconnu

     

  • A méditer...

    "Les gondoles amarrées, ces chevaux incertains.""A Venise, les maisons n’ont pour fondation que leur propre reflet."

    Michel Tournier

    Un homme normal, peut être, est celui qui est capable de raconter sa propre histoire. Il sait d’où il vient (il a une origine, un passé, une mémoire en ordre), il sait où il est (son identité), et il croit savoir où il va (il a des projets, et la mort au bout). Il est donc situé dans le mouvement d’un récit, il est une histoire, et il peut se dire.

    Propos d’Oliver Sacks rapportés par Jean-Claude Carrière.